Parapharmacie : un marché à conquérir
Entre pharmacies, enseignes de grande distribution et sites spécialisés, la parapharmacie s'impose comme l'un des marchés les plus disputés du commerce de détail. Dermocosmétique, compléments alimentaires, hygiène : ce sont des catégories que tout le monde veut désormais posséder, avec des stratégies bien différentes selon les acteurs. Zoom sur les moyens déployés par chacun pour tirer son épingle du jeu.
Un marché très dynamique
Le marché français de la parapharmacie représente aujourd'hui 7 milliards d'euros¹, avec une croissance moyenne attendue de 5% par an jusqu'en 2030². Une dynamique portée notamment par les compléments alimentaires, en forte progression depuis plusieurs années.
7 milliards €
CA du marché français en 2025
+5% /an
croissance moyenne jusqu’en 2030
Mais ce marché reste très concentré sur un seul circuit : les pharmacies captent 69% des ventes en valeur, contre 19% pour les parapharmacies indépendantes et seulement 12% pour la grande distribution, via ses shops-in-shop et corners en hyper et supermarchés¹. Une répartition qui explique pourquoi chaque acteur cherche aujourd'hui à gagner du terrain, avec des moyens très différents.
La locomotive des pharmacies
Pour soutenir leur croissance et faire face à la concurrence, il faut attirer et fidéliser. Et les produits de parapharmacie permettent exactement cela : chez Pharmabest, la parapharmacie peut représenter jusqu'à 70% des ventes dans les plus grandes surfaces du réseau, un rendement qui permet justement à l'enseigne d'investir dans le médical³.
L'atout des pharmacies ? Le conseil ! 95% des clients ont un avis très favorable envers leur pharmacien³, un capital confiance que la grande distribution ne peut pas répliquer aussi facilement.
Mais sur leur rayon parapharmacie, les pharmacies empruntent aussi de plus en plus les codes du retail, notamment via leurs marques propres, de plus en plus positionnées sur l'axe naturalité. Sur l'ensemble des groupements, 78% disposent déjà d'une gamme de compléments alimentaires en marque propre, et 67% d'une gamme dermocosmétique⁴. Chez EvoluPharm, la moitié des références MDD affichent le label Écocert⁵. Chez Giphar, le poids des MDD atteint 5% en moyenne, mais grimpe jusqu'à 15% sur certains segments comme les compléments alimentaires, une catégorie vendue à 50% en pharmacie et dominée par le segment sommeil (35,5% de part de marché)⁴. Pharmacie Lafayette, de son côté, mise sur 700 références réparties sur 14 marques et onze univers, dont l'incontinence, le capillaire ou la cosmétique enfant⁶.
Même à l'échelle d'une seule officine, la dynamique se confirme : à la pharmacie cantonale de Truchtersheim, Xavier Schneider propose depuis dix ans des produits sous sa propre marque. Pour lui, la dermocosmétique est l'une des catégories qui fonctionne le mieux : sa marque propre est devenue la troisième gamme dermo la plus vendue dans son officine⁴.

La grande distribution contre-attaque
Face à cette domination des pharmacies, les enseignes de grande distribution revoient leur concept pour accentuer leur attractivité. Carrefour en est un bon exemple : l'enseigne vise un doublement de sa part de marché en 3 ans, et agrandit ses espaces parapharmacie en conséquence, passant de 120 m² à 300, voire 500 m² dans certains hypermarchés⁷.

Cet investissement ne se limite pas à l'espace physique. Carrefour travaille aussi sur son offre, avec une mise en avant des innovations et une sélection de produits guidée par leur preuve sociale (réseaux sociaux notamment), pour capter les tendances au plus près de leur émergence.
D'autres enseignes affichent déjà des résultats solides sur ce terrain. La parapharmacie E.Leclerc existe depuis 36 ans et compte aujourd'hui 302 magasins, pour près de 580 millions d'euros de chiffre d'affaires (+7,8%)⁸. Le réseau avait beaucoup communiqué sur l'ouverture de sa 300e parapharmacie à Châteaudun en 2025, avec une équipe de 5 spécialistes et des services comme les diagnostics de peau ou des bornes interactives, en plus de l'offre classique en compléments alimentaires, cosmétiques haut de gamme et hygiène⁹.
Le e-commerce, un retard français qui se comble
Sur le canal digital, la France affiche un net retard par rapport à ses voisins européens. Selon une déclaration du dirigeant de Santédiscount (aujourd'hui Atida), le taux de pénétration de la parapharmacie en ligne se situait entre 5 et 7% en France, contre 20% en Allemagne ou au Royaume-Uni en 2021¹⁰.
Mais la dynamique s'inverse, et ces outils touchent aussi la parapharmacie. Le groupement Leadersanté propose depuis 2019 une application mobile qui permet notamment la commande de produits de parapharmacie en le click and collect. Elle est aujourd'hui adoptée par 440 officines, en progression de 20% entre 2024 et 2025, pour 75 000 utilisateurs¹¹.

Au niveau national, "Ma Pharmacie en France", un portail numérique lancé en mai 2025 par Federgy (le syndicat des groupements de pharmacies) et La Poste, propose justement la vente en ligne de parapharmacie aux côtés des médicaments hors prescription et des dispositifs médicaux. Le dispositif entre en phase pilote en 2026 dans une cinquantaine de pharmacies¹².
Reste un défi commun à tous ces acteurs : recréer en ligne le conseil qui fait la force du comptoir. C'est précisément sur ce terrain que se joue la bataille du digital dans les années à venir.
Recréer le conseil en ligne : l'enjeu central du digital
Que ce soit en pharmacie, en grande distribution ou sur un site e-commerce spécialisé, le shopper qui achète un produit de parapharmacie a besoin d'être guidé. Compléments alimentaires, dermocosmétique, hygiène : ce sont des catégories où le choix peut vite devenir complexe sans accompagnement, ce qui explique en grande partie l'attachement des Français à leur pharmacien.
C'est cet enjeu que Matcha accompagne déjà sur d'autres catégories de produits qui partagent la même complexité d'achat, et surtout sur certaines catégories de la parapharmacie : oral care, body care et skincare. Avec Léa Nature, sur le skincare, la solution de recommandation produit a été déployée sur Intermarché et Carrefour Drive pour guider le shopper selon ses besoins et la construction de sa routine de soins. Les résultats sont là : près de 30% des shoppers skincare utilisent la solution, avec un cross-selling qui atteint 6 à 9% du chiffre d'affaires selon les parcours, contre 2 à 5% en moyenne sur les autres catégories. Une performance qui se traduit par un panier moyen en hausse de 23% par rapport au panier moyen Intermarché Drive, la meilleure performance enregistrée à date parmi les catégories beauté.
Une dynamique qui pourrait tout à fait s'appliquer à l'ensemble de la parapharmacie, un marché où le besoin de conseil n'a jamais été aussi fort, quel que soit le circuit de distribution.
Questions fréquentes
Pourquoi le marché de la parapharmacie attire-t-il autant d'acteurs différents ?
Le marché pèse 7 milliards d'euros et progresse de 5% par an, porté notamment par les compléments alimentaires. Cette dynamique attire à la fois les pharmacies, qui y trouvent un relais de croissance pour financer leur activité médicale, et la grande distribution, qui cherche à diversifier son offre sur des catégories à forte marge.
Comment les pharmacies renforcent-elles leur avance face à la grande distribution ?
En s'appuyant sur leur atout historique, le conseil, qui génère un fort capital confiance auprès des clients, et en empruntant les codes du retail sur leur offre parapharmacie, notamment via des marques propres de plus en plus positionnées sur la naturalité.
Comment améliorer l'expérience d'achat parapharmacie en ligne ?
Le principal défi du digital, tous circuits confondus, est de recréer en ligne le niveau de conseil offert au comptoir. Des solutions de recommandation produit permettent de guider le shopper selon ses besoins, sur des catégories de parapharmacie à forte complexité d'achat comme le body care, le skincare ou l'oral care.
Sources :
Xerfi, "Le marché de la parapharmacie" (CA du marché, répartition des circuits)
Les Echos Etudes
LSA, "Top 100 des enseignes en France : les pharmacies passent à l'attaque", janvier 2026
LSA, "Signalégique, promos, MDD… Les pharmacies s'inspirent des pratiques du retail pour croître", juin 2025
La Médicale, "Le marché de la parapharmacie suscite les convoitises", avril 2026
Michel-Édouard Leclerc, "Parapharmacie, optique, etc : vive la santé à prix Leclerc !", octobre 2025
Michel-Édouard Leclerc, "Ouverture de la 300e parapharmacie E.Leclerc à Châteaudun", janvier 2025
Le Moniteur des Pharmacies, "Application mobile : la pharmacie dans la poche", décembre 2025
Le Moniteur des Pharmacies, "3, 2, 1... : où en est « Ma Pharmacie en France » ?", mai 2026



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